S'apprivoiser pour plus d'authenticité

se connaître Oct 16, 2020

par Émilie Mouton

L'adolescence et l'arrivée dans le monde des adultes sont des passages obligatoires, et en même temps, une période charnière parfois délicate, compliquée, où chacun, à différents niveaux, se cherche pour se situer dans le monde et créer sa place parmi les autres.

Une transition vers plus d'empowerment

C'est une grosse transition de vie, car passé l'enfance, nous développons progressivement une plus grande conscience, davantage de maturité et donc d’autonomie. Cela signifie une plus grande capacité de choix, un pouvoir d'action qui s'élargit, et un sens moral qui grandit avec nous.

Et cela peut être perturbant. C'est à la fois source de joie que de bénéficier de tant de liberté, mais aussi confrontant et source de crainte, car nous sommes mis de plus en plus face à notre responsabilité, propre à nous et à nous seuls.

Il ne s'agit plus uniquement du rôle de nos parents que de décider de tout pour nous.

Nous sommes invités à assumer progressivement qui nous sommes et ce que nous faisons de notre vie, ainsi que le sens dans lequel nous la construisons.

Et nous pouvons nous sentir perdus. Vulnérables face à ce monde dans lequel nous devons nous plonger, avec moins de filets de sécurité. Qui sommes-nous ? Où allons-nous ?

Notre identité est en construction, nos opinions se forgent et nous découvrons nos valeurs, nos besoins, notre personnalité au fil des expériences qui se présentent à nous.

Comment faire ?

Comment être authentique quand, au jour le jour, on apprend de soi autant que de la vie ?

Pour commencer, pour consolider un sentiment identitaire, nous pouvons identifier les bases qui nous constituent, les caractéristiques qui nous démarquent depuis toujours. Partir de ce qui, spontanément, nous semble le plus évident et s'autoriser à l’incarner pleinement.

Pour s'aider, nous pouvons nous demander qui nous étions à l’âge de 4-5 ans par exemple, avant que la société, notre entourage et les diktats implicites qui planent au-dessus de nos têtes nous influencent et nous modèlent plus ou moins profondément.

Nous pouvons aussi réfléchir à ce que les personnes qui nous entourent nous ont déjà renvoyé sur notre personnalité, ou même leur demander comment elles nous décriraient si elles devaient nous définir en quelques mots.

L'idée n'est évidemment pas de se réduire à certains adjectifs, qui sont d'ailleurs liés aux filtres de perception de chacun, aux interprétations que l’on construit en fonction de nos fonctionnements spécifiques.

C’est plutôt une démarche d’ouverture de notre réflexion, où nous pourrons faire le tri dans ce qui nous parait juste, en sondant notre propre ressenti en réaction aux feedbacks de nos proches.

Apprivoiser son ombre en accueillant sa vulnérabilité

Au travers des descriptions que nos proches ont fait de nous, ou même de nos propres jugements, nous aurons sans doute remarqué que l’on décrit une personne la plupart du temps selon deux catégories : les défauts et les qualités.

Ce que l’on nomme comme étant des défauts suggérerait malheureusement que l’on aurait été mal construit, qu'il y aurait des choses à corriger, à masquer, desquelles on devrait se sentir coupables ou honteux.

Pourtant, contrairement à ce que l'on nous a peut-être appris à l'école, à la maison ou via les médias, il n'y a pas de bon ou de mauvais aspect. 

En effet, tout être humain est naturellement constitué d'un ensemble de caractéristiques qui font de lui une personne unique, avec certains avantages et certains inconvénients, dépendamment des situations et des visions du monde.

Alors oui, tout n'est pas forcément facile à accepter, mais on peut apprendre à s'apprivoiser et à s'autoriser à être de plus en plus connecté à qui nous sommes dans toutes nos dimensions.

Et cela passe par le fait de reconnaître ses forces autant que ses limites, d'intégrer que nous sommes légitimes d'en avoir et que cela fait de nous des êtres sensibles et complets. Il est important de comprendre que nous n'avons pas à répondre à une norme sociale nous obligeant à rentrer dans un seul et même moule, et d’accepter que ce n'est pas naturel d'être fort et confiant en toutes circonstances.

Une dose de bienveillance

Accueillir ses limites et ses fragilités est donc déjà une première étape.

On peut commencer par les repérer, puis leur faire un peu plus de place. En prenant le temps de les ressentir, de les vivre et de les comprendre, sans vouloir les contrôler ou les faire disparaître.

Être dans l'intention d'établir un rapport bienveillant avec soi, en remarquant notre autocritique intérieure et en la laissant s'exprimer sans s'y attacher.

Avec une meilleure connaissance de soi, un regard indulgent sur nous-mêmes et une posture transformée, nous serons de plus en plus capables d'exprimer à l'extérieur nos traits de caractère, nos émotions, notre façon de penser.

Nous pourrons nous permettre “d’être” davantage, d’oser agir selon nos propres envies.

En laissant émerger notre spontanéité dans l’instant et de manière plus libre, vraie et sereine, en se rappelant bien qu'il s'agit d'un chemin fait de réajustements, et non d'une destination pleinement acquise.

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